Mistronix : Détecter les maladies cardiovasculaires

5 juin 2019
Mistronix
  • Amine Jorio : diplômé du baccalauréat en génie mécanique à Polytechnique Montréal
  • Kuangda Wang : chercheur postdoctoral au laboratoire Poly-Grames
  • Yutian Shu : associée de recherche au laboratoire Poly-Grames
  • Pascal Burasa : chercheur postdoctoral au laboratoire Poly-Grames

Depuis maintenant deux ans, plusieurs chercheurs du laboratoire Poly-Grames à Polytechnique Montréal travaillent sur le projet Mistronix avec Ke Wu, professeur titulaire au département de génie électrique. En été 2018, les chercheurs postdoctoraux Kuangda Wang et Pascal Burasa et l’associée de recherche Yutian Shu décident de poser leur candidature au parcours Technopreneur. C’est là qu’ils font la rencontre d’Amine Jorio, et que débute l’expérience Technopreneur. Entretien avec trois membres de l’équipe : Kuangda Wang, Yutian Shu et Amine Jorio.

Quelle est la mission de Mistronix?
Détecter les maladies cardiovasculaires à un stade précoce et les surveiller de manière pratique.

Pouvez-vous me décrire la technologie?
Il s’agit de capteurs sans contact de détection par ondes millimétriques. Le signal qui est réfléchi contient les informations, et les capteurs recueillent les données collectées. On s’en sert pour surveiller le rythme cardiaque et la respiration.

Les capteurs fonctionnent un peu comme les radars de vitesse, mais de façon beaucoup plus précise puisqu’ils détectent des mouvements minuscules, tels que les vibrations du cœur.

Technologie Mistronix

A : Photo montrant le prototype fonctionnel recueillant les signaux cardiorespiratoires en temps réel de Yutian à une distance de 1 m.
B : La respiration (verte), la fréquence cardiaque (rouge) et le son cardiaque (bleu) de Yutian extraits du signal brut (noir) recueilli par le prototype.
Crédit : Mistronix


Quel en est l’avantage?
Nos capteurs n’ont pas besoin de fil ni d’attache. Aussi, ils n’ont pas besoin d’être très proches de la personne surveillée. On peut les placer de quelques centimètres à quelques mètres d’elle. Et on peut les apporter à la maison. 

À quel problème répondez-vous?
Les capteurs actuels requièrent tous un contact avec la peau, ce qui rend difficile voire impossible la surveillance en tout temps de l’état cardiorespiratoire. Pensez par exemple aux bébés qui bougent énormément ou aux grands brûlés sur qui on ne peut pas déposer de capteur. De plus, le contact des capteurs avec la peau peut causer des blessures. Notre système permet donc une surveillance en tout temps et sécuritaire.

Avez-vous testé ces capteurs?
Oui, nous les avons testés sur des humains en bonne santé, et ils fonctionnent très bien. Nous les avons aussi testés sur de très petits animaux comme des souris de laboratoire. Nous avons été agréablement surpris de constater qu’ils fonctionnent à 70 %. Ces tests nous aideront à ajuster le tir pour obtenir une fiabilité encore plus grande.

Quel est le marché ciblé?
Notre premier marché ciblé est le milieu hospitalier. Mais pour l’intégrer, il nous faut une certification de Santé Canada. Par contre, obtenir cette certification requiert une démarche longue et coûteuse. En attendant, nous visons donc davantage les laboratoires de recherche qui utilisent des animaux pour leurs tests. Actuellement, ces laboratoires utilisent des capteurs avec électrodes, ce qui stresse les animaux et biaise les résultats. Nos capteurs non invasifs sont donc une bonne option pour eux.

Comment le projet a-t-il évolué au fil de Technopreneur?
Le point majeur a été de créer des liens avec notre cible, par exemple le CHUM et Sainte-Justine. Nous avons aussi mieux défini de quelle manière développer notre produit afin de répondre aux besoins des clients.

Pourquoi avoir choisi le nom Mistronix?
« Mistronix » signifie Millimeter-wave Identification, Sensing and Tracking electronics.

Quelles sont les prochaines grandes étapes?
Nous allons lancer les précommandes sous peu et nous chercherons des collaborateurs et partenaires dans les prochains mois. De plus, nous prévoyons nous incorporer à l’été 2019. Nous serons quatre cofondateurs : le professeur Ke Wu, l’associé de recherche au département de génie électrique Jianfeng Gu, Kuangda Wang et Yutian Shu. Enfin, nous recherchons activement d’autres membres fondateurs, notamment des concepteurs de systèmes intégrés, des concepteurs de logiciels et des experts en apprentissage machine.

Pour plus d'informations sur Mistronix, visitez www.mistronix.ca.

*Technopreneur est un parcours qui permet aux étudiants de cycles supérieurs de toute discipline de vivre l’expérience entrepreneuriale en planifiant la précommercialisation d'une technologie issue de la recherche universitaire. L’objectif est de stimuler le démarrage d’entreprises technologiques à Montréal.

Source : 
Roxanne Désilets Bergeron
Responsable des communications et du marketing
Centre d’entrepreneuriat Poly-UdeM
roxanne.desilets-bergeron@polymtl.ca
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